
« Jouer sa peau est à propos de l’honneur, le courage et le sacrifice. S’on ne risque rien en ce qu’on fait, on n’est rien. » – Nassim Nicholas Taleb
Vous voudrez lire et relire chaque mot de cette missive parce que
L’ÉCHEC EST NOTRE SEULE CONNEXION À LA RÉALITÉ.
Et en abolissant l’échec, nous rendons notre monde de moins en moins authentique. Notre immortalité imminente complétera notre Truquage.
INCERTO au-dessus des cimes de la forêt
Bien que j'aie suivi ses missives et l'INCERTO, je ne vais pas lire le nouveau livre de Nassim Taleb « Jouer sa peau » avant d'avoir publié cet anti-révision. L'objectif principal de l'anti-révision est de mettre certaines des idées de haut niveau de « JSP » et l'INCERTO à travers un test empirique pour « connaissance authentique » (accessible principalement aux non-idiots), pour savoir si un esprit peut « saisir » un autre de plus en action et en décision et de moins à travers la brume des systèmes sémantiques. L'anti-révision s'appuyer sur les écrits, apparitions publiques et activités sur et hors de l’Internet de NNT dans la mésure où il a parlé à et a pratiqué JSP pendant de nombreuses années. J'ai seulement entrevu ce que certains ont dit sur Twitter à propos de « JSP » (pas de critiques de médias ou des choses de longue forme) et un survol des pages du contenu du livre. Vous verrez la méthode à cette folie pendant que vous lisez. Comme un praxis antisémantique, je publie l’anti-révision en français et en anglais, afin que les lecteurs bilingues puissent faire l’expérience de la Brue pour eux-mêmes.
Bien que je ne doutais pas que « JSP » soit remarquablement bon, je n'attendais pas à ce qu'il dépasse « Le hasard sauvage » comme travail le plus bouleversant de Maître Taleb. J'avais tort. TELLEMENT TORT.
Voici une poignée de sujets que JSP touche et transforme comme la baguette d’un grand maître sorcier:
- Pourquoi vous décidez avant de décider
- Ce que nous sommes et comment nous sommes arrivés à l’être
- Pourquoi l’analyse est la paralysie et l’action est la libération
- Pourquoi les grands médias sont une mauvaise source d’information
- Pourquoi la science est devenue de plus en plus scientistique et charlatane à mesure qu’elle devient plus complexe et centralisée
- Pourquoi soumettre votre vie et votre travail à un battement sauvage dans le forum public le rend plus robuste et plus crédible
- Pourquoi les grands organisations et gouvernements sous-performent les plus petits
- Pourquoi les formes de propriété « à responsabilité limitée » étouffent l’innovation et la prospérité
- Pourquoi la sauvagerie est meilleure à tous égards que la « décence » forcée
- Ce que « l’intelligence » et l’AI sont
- Pourquoi voudriez-vous être Authentik (pouvez-vous?)
Ne croyez pas ce qui est dit ici. Ne même pas croyez rien. Il suffit de lire avec un esprit ouvert tout en portent de l’attention particulière. Tout deviendra manifeste dans votre esprit. Vous verrez l'INCERTO de Nassim Taleb avec une nouvelle clarté, instinctivement complète et cohérente avec votre expérience quotidienne. Et s'il vous plaît ne prenez pas de tout cela « sérieusement ». Libérez votre esprit et voyez où cela vous mène. Si cette missive échoue, laissez-la échouer pour mes délires et non pas les vôtres.
Comment j’ai échoué
Et j’ai connu l’échec tant de fois que je ne peux même pas commencer à les compter. J’ai échoué le plus misérablement lorsque mes actions étaient motivées par l’évitement de l’échec:
- Je n’ai pas pris suffisamment de risques dans mes jeunes années par peur et stupidité.
- Je n’ai pas réussi à perturber la relation autodestructrice de mes parents, même lorsque j’avais le pouvoir de le faire.
- J’ai échoué comme trader sur les marchés financiers, gagnant et perdant beaucoup d’argent.
- J’ai échoué à tester mes idées dans l’action, gaspillant des années de pensée improductive.
- Je n’ai pas compris l’importance de manger sainement – et d’y investir d’argent – pendant de nombreuses années, même si j’ai commencé des expériences sur la nutrition à partir d'un âge précoce.
- Je n’ai pas pu aller jusqu’au bout pour aider une amie violée à faire face à la paranoïa et la psychose, même si j’avais les compétences de sorcier pour y arriver.
- Je n’ai pas quitté l’université dès que j’ai réalisé que ce n’était pas pour moi à cause du confort.
J’ai aussi échoué à comprendre Platon.

Platon l’idiot marmottant
Au lycée, j’ai pris la philosophie comme un choix facultatif juste parce que j’avais épuisé des choses utiles à prendre (géographie, mathématiques, histoire etc.). La plupart de ça n’était pas tout à fait ennuyeuse, mais je ne peux pas dire qu’elle a amélioré beaucoup ma façon de penser. Cependant, il y avait un auteur qui a fait une marque. C’était Platon.
Platon était devenu une obsession momentanée pour deux raisons. Il y avait quelque chose de transcendant dans son écriture et ses idées, bien que je les trouvais obtus, inaccessibles et culturellement étroites (cela était en grande partie en raison de la brume sémantique créée par les interprètes académiques, les enseignants et les traducteurs, mais la responsabilité de comprendre était finalement la mienne). Platon m’a fasciné et m’a frustré en même temps, et je ne savais pas pourquoi. Je l’ai attribué à mon obsession de l’histoire – un penseur obsolète qui n’avait piqué ma curiosité que pour son éloquence supposée et la distance du temps, mais sans beaucoup de pertinence pratique dans le présent. L’analydiot par excellence, je ne savais pas faire confiance à mes instincts plus qu’à la « pensée rationnelle ».
Le grand crochet pour ma fascination était le dérangement de la caverne de Platon. « L’allégorie de la caverne » intriguait et agaçait. Chaque interprétation de la grotte platonicienne que j’ai encore vue se résume à une parabole de cerveau-dans-une-cuve au sujet de l'illusoireté de ce que les sens livrent. Pourtant, l’appareil de Platon est détaillé et élaboré, on pourrait même dire vicieusement ludique. Pourquoi mettre un feu dans la caverne et faire en sorte que les gens se déplacent avec des figures derrière un mur au lieu de simplement utiliser la lumière du soleil et les ombres qu’elle projette? Et pourquoi enchaîner les prisonniers dans une grotte au lieu de simplement leur faire regarder les reflets aux eaux d’un lac? Si la « réalité » (le monde extérieur) est inaccessible, pourquoi spéculer sur l’un des prisonniers enchaînés aux murs de la grotte qui s’échappe et est aveuglé par le Soleil? Pourquoi parler de cette personne éclairée étant ostracisée et considérée comme un fou à son retour? Pourquoi utiliser une telle sottise pour illustrer la différence entre le monde que nous en vivons et le vrai « monde des idées » ? Rien de tout ça n’a du sens. Il ressemblait à la bave dérangée d’un philosophe inutile d’une imagination débraillée et trop de temps sur ses mains.
Je pensais que Platon était un universitaire hallucinant faussé dans son propre esprit. Je pensais qu’il était un idiot. Je vois maintenant que l’idiot c’était moi.

L’artifice de l’intelligence
Se voir comme un idiot est encourageant parce que l’intelligence est basée sur une forme d’idiotie (il y a donc de l’espoir!). Pour que cette idée se manifeste, considérez-vous en sortant le matin. Quand vous marchez à côté d’un arbre, votre cerveau change si l’arbre est dans votre champ de vision, même si vous êtes distrait regardant votre stupiphone et que l’arbre n’entre jamais dans votre « conscience ». Appelons la différence entre votre « état » cérébral avant et après (n’)observer (pas) l’arbre une représentation sensorielle. Il n’est pas déraisonnable que d’autres animaux cérébraux soient affectés de la même manière par leur environnement dans le présent. Basé sur l’observation, des nombreux animaux doivent également avoir de la « mémoire » – la capacité de stocker / rappeler des parties importantes des représentations sensorielles ou au moins les utiliser pour prendre des meilleures décisions (à savoir, éviter un trou d’eau où des prédateurs ont été repérés précédemment). Pour le non-idiot, il est évident que telles facultés auraient évolué par la survie. Parce que notre neurophysiologie a été façonnée de la manière la plus directe par la machinerie sauvage de la survie, il n’est pas non plus déraisonnable que ces représentations sensorielles soient aussi « authentiques » quant au monde extérieur que notre cognition puisse obtenir.
Mais les cerveaux humains peuvent faire beaucoup plus que de stocker de vagues représentations sensorielles. Dans le traitement natif de votre cerveau (ce n’est pas traitement, c’est mémoirement), il n’y avait pas de mots, juste des représentations d’objets. Par conséquent, le cerveau doit avoir été capable de créer des représentations artificielles de représentations – telles que des catégories (une forme d’analogie). L’arbre suivant que vous voyez dans votre promenade du matin est plus différent que similaire au premier, mais vous y pensez toujours et vous l’appelez un arbre. Dans le monde que nous percevons, il n’y a pas d’arbre générique – chaque arbre est unique – et la catégorisation est simplement une forme de tromperie que nous appelons « signification ». Mais elle est utile. La représentation-arbre de l’arbre spécifique que vous avez vu génère des économies énormes en omettant beaucoup de détails (parfaitement visibles). La représentation générique des arbres augmente ces économies en supprimant encore plus de détails, qui économise à la fois de l’énergie et de la « capacité de stockage » dans le cerveau. La signification de « arbre » est donc extrêmement dilutive par rapport à n’importe quel arbre que vous voyez. Il devient encore pire quand vous essayez de transmettre celle signification à quelqu’un d’autre.
Le cerveau était assez plastique pour représenter des mots (groupes de sons) mais même pour représenter des choses qui n’ont jamais été rencontrées (la « signification de 486 »). Nous savons ça parce qu’il n’y avait pas de mots avant que les mots aient été créés et il n’y avait pas de nombres avant que les nombres aient été créés. La langue (gesticulaire, parlée, écrite) a rendus les représentations dérivées (la signification) encore plus précieuses. La parole permettait de connecter un ensemble ordonné de sons à une représentation catégorielle telle qu’un arbre pour la communiquer rapidement et efficacement aux autres membres du groupe.
Ces inventions ont ajouté des avantages de survie à la fois pour l’individu et le groupe dans son ensemble. Bien qu’il soit tout à fait certain que la représentation-arbre dans votre cerveau soit différente de celle de votre voisin, la survie aurait encouragé une certaine convergence fonctionnelle entre ces représentations afin que vous sachiez que les arbres peuvent être abattus et brûlés. La convergence pourrait aussi être possible à travers les générations (non pas seulement les vies individuelles) parce que la survie pourrait prédisposer les cerveaux à développer des représentations d’arbres utiles et cohérentes par la coévolution sociale.
Observez que cette convergence de signification (sémantiques) serait plus forte quand vous avez une exposition à l’objet et sa pertinence fonctionnelle pour votre survie personelle (JSP). Le plus que vous êtes dépendant du groupe pour les activités liées aux arbres (vous restez à l’écart de l’exploitation forestière et de la menuiserie) et les arbres sont moins importants pour votre survie personnelle (vous habitez dans une hutte en argile et utilisez de l’huile pour chauffer et cuisiner plutôt que bois), le moins qu’il est probable que votre représentation-arbre convergera fonctionnellement avec les autres. Par exemple, vous n’avez peut-être jamais eu besoin de participer aux travaux de menuiserie, mais vous pouviez gagner votre vie en vendant de la corde aux bûcherons. Dans ce cas, vous jouez peu de votre peau dans la sécurité des bûcherons parce que vous ne pouvez pas être tué par un arbre qui tombe à cause de votre corde défectueuse. JSP doit être introduit dans la transaction dans le style de Hammurabi afin d'aligner les objectifs du vendeur des cordes avec ceux du bûcheron.

JSP est la façon dont vous avez appris la langue comme enfant, et pourquoi l’apprentissage des langues des adultes est différent. Les enfants apprennent la langue par l’expérience: « obtenir » des mots en les filtrant par l’efficacité des réactions ultérieures et « sélectionner » les mots selon qu’ils obtiennent de leurs parents le résultat souhaité. Si le résultat ne se produit pas (par exemple, une alimentation), le cerveau produit simplement un autre mot d’essai (folie / imbécilité) jusqu’à ce qu’il fonctionne. De toute évidence, les cerveaux qui n’abordent pas bien ce processus auront une plus faible probabilité de survie et de reproduction. Quand vous apprenez une langue comme adulte, vous devez conjurer le filtrage JSP (cette personne m’a-t-elle compris, ai-je dit quelque chose d’embarrassant, est-ce que j’obtiens le résultat que je cherchais?) et le pari est beaucoup plus différent.
Nous n’avons aucun moyen de savoir avec certitude si le discours, les gestes ou les images ont été le premier système sémantique à émerger de ces bénéfices de survie. Mais au cours des derniers millénaires, l’invention de nouveaux systèmes sémantiques par l’humanité s’est accélérée. L’un des systèmes sémantiques les plus importants que nous utilisons est les mathématiques (oui, ça va être absolument un troll pour les mathématiciens parmi vous). Pourtant, les mathématiques sont complétement retirées de la perception sensorielle. Toute personne ayant un cerveau reconnaîtrait qu’il n’y a pas de lignes droites ou de cercles parfaits dans le monde que nous voyons, mais ce sont des objets fondamentaux pour la géométrie. La même chose s’applique aux nombres. Néanmoins, et malgré la difficulté d’apprendre ses niveaux plus élevés, l’utilisation des mathématiques a grandi et s’est propagée dans d’autres domaines (appliqués) tels que la chimie, l’ingénierie et l’informatique. Parce que, lorsqu’elle est appliquée correctement, cette fiction utile permet de transmettre des informations à travers les géographies, les langues et les générations, et de transmettre des compétences qui seraient très coûteuses à acquérir à l’expérience encore et encore.
Le cerveau, cependant, ne peut pas être contenu seulement à ce qui est utile parce que l’utilité peut seulement être déterminée après le fait et par des essais répétés. Avant de tester, toute nouvelle signification est, par définition, un délire. La signification contre-productive peut s’accrocher et survivre pendant de nombreuses générations parce que JSP personnel n’est pas le seul mécanisme de survie. Les délires (et leurs hôtes) peuvent aussi survivre par consensus – si suffisamment de membres du groupe acceptent le délire et le nourrissent à côté de son hôte. Plus le groupe est important et centralisé, plus il est facile pour les délires non testés de se propager et de persister, surtout du haut vers le bas. Les implications sont graves lorsque les événements qui vont à l’encontre du délire ne se produisent que dans les queues et sur des périodes prolongées. Dans ce cas, le groupe entier pourrait périr lorsque le délire est « testé » par un événement Cygne Noir. Le JSP dans toute la société est le seul moyen de minimiser le risque de tels délires à persister et de leurs hôtes à parasiter sur la communauté en général.
Parce que la signification est impossible si le délire est impossible, l’intelligence exige la capacité d’être délirant. Au moins en ce qui concerne les cerveaux humains. Un lion pourrait probablement halluciner (avoir des perceptions sensorielles inconsistantes) mais il ne pourrait pas avoir un délire simplement parce qu’il ne peut pas produire de systèmes sémantiques. La même chose est vraie pour l’informatique. L’IA ne deviendra possible qu’avec la possibilité de délire. L’informatique contemporaine est discrète et basée sur la précision numérique, ce qui exclut presque automatiquement la création de signification. Tout système d’IA doit être capable de créer de la signification (quelle que cette signification soit relative au monde perceptible, à un environnement logiciel environnant ou à quelque chose d’autre). L’IA doit pouvoir s’autoprogrammer car c’est l’essence de ce que nous appelons intelligence. Une telle capacité rend l’IA intrinsèquement dangereuse à cause de ce qui est arrivé aux hommes des cavernes.

La brume sémantique
Il était une fois, un homme des cavernes a vu un grand arbre, qui était plus important et précieux pour sa survie et celle de sa famille que les autres arbres (pour sa sève nutritive, ou sa fructification profuse, ou son bois pliable). Et il l’a appelé un Grannarbre. Il a fait sens à la survie de faire la distinction entre lui et les autres arbres, de sorte que le meme s’est établi. Alors l’homme des cavernes s’est aventuré sur un gros poisson, qui était plus important pour sa survie et celle de sa famille que les autres poissons (pour sa viande nutritive pouvant être fumée et stockée pendant des mois, ou sa taille pouvant nourrir quelques-uns pendant des jours, ou pour ses os souples qui faisaient des bons hameçons et aiguilles). Et il l’a appelé un Grannoisson. Il a fait sens de survie pour distinguer entre lui et les autres poissons, de sorte que le meme s’est établi. Alors l’homme des cavernes a expliqué le Grannoisson à ses fils: « Le Grannoisson est des poissons comme le Grannarbre est des arbres. » Et ils se sont tous perdus dans la brume sémantique. Vous pourriez abattre un Grannarbre avec du feu et des haches comme n’importe quel autre arbre, mais vous ne pourriez pas attraper un Grannoisson comme n’importe quel autre poisson parce qu’il casserait votre lance et déchirerait votre filet.
L'analogie est la connerie d'origine. Vous pouvez utiliser l'analogie pour accélérer l'introduction d'un nouveau concept, mais vous ne vous arrêterez à l'analogie que si vous êtes un vendeur de connerie. Vous ne pouvez pas vous arrêter là parce que le nouveau concept que vous illuminez est un nouveau concept foutu. L'économie est devenue une discipline marchante des conneries en grande partie parce qu'elle appliquait par analogie des instruments (théorie des jeux, optimisation linéaire) utiles dans d'autres domaines (biologie de l'évolution, ingénierie) pour résoudre différents problèmes (souvent inexistants). Parfois, les économistes imaginaient même des problèmes (créaient de la signification) simplement parce qu'ils avaient des outils à transférer d'autres domaines qui nécessitaient un problème à résoudre. Les lances ont été cassées et les filets ont été déchirés à plusieurs reprises, mais d'autres ont dû payer pour eux parce que les économistes ne jouaient rien de peau. En conséquence, l'économie académique et son « examen » par les pairs sont le terreau idéal pour les délires collectifs, l'hystérie collective (à la Krusty Krugs), la scientistique et la vente des conneries. Le crédit le plus important pour cette floraison va à Milton Friedman (de manière révélatrice, un « prix Nobel » en économie) qui a propagé activement le non-sens selon lequel les hypothèses (pertinence du domaine, étirement sémantique) importent peu.

La théorie des probabilités (comme les mathématiques) ne peut pas être testée aussi authentiquement qu'une lance peut être testée pour la rupture. Son utilité (survie) ne peut être testée qu'indirectement par des applications dans d'autres domaines qui ont un contact authentique avec le monde « réel » et sont soumis à jouer la peau (par exemple, le jeu de pari, l'ingénierie). Ce problème d'étirement sémantique a conduit à la prolifération de l'infidélité dans les sciences sociales et l'économie financière parce qu'aucun de ces domaines n'est soumis à JSP (les universitaires obtiennent la permanence et les banques obtiennent des renflouements). Ce n'est pas par hasard que Nassim Taleb distingue sur son profil Twitter entre probabilité (philosophie), probabilité (mathématiques), probabilité (logique), probabilité (réalité) et la soulevé de terre. Différents principes s'appliquent dans différents domaines et le cadre de « probabilité » n'est qu'un raccourci utile qui doit être adapté, testé et engendrant des résultats différents pour chacun de ces domaines. Le JSP est la seule arme dont nous disposons pour garantir que les tests ont lieu dans tous les coins de la société humaine, et que la possibilité de délire et de parasitisme est minimisée. L'antithèse de JSP est le Bas - le parasite déliré.
L'étirement sémantique s'applique à tout autre système sémantique, y compris les mathématiques, les langages et la programmation. Lorsque vous tentez de résoudre un problème « similaire » dans une application de programmation différente, vous cassez votre code ou vous constatez que le langage de programmation que vous utilisez ne permet pas l'approche qui a fonctionné ailleurs. Même si vous n'avez aucune connaissance expérientielle d'un domaine STGM, vous pouvez observer un étirement sémantique en traduction entre des langues parlées. La Brue épaissit lorsque vous essayez de porter un idiome ou une parabole d'une langue à l'autre. Souvent, vous trouvez que le problème n'est pas l'absence d'une traduction de mots accrocheuse mais simplement que les connaissances authentiques sous-jacentes ne se transfèrent pas à une autre culture et une autre géographie. Parce que l'adage a émergé et survécu dans le contexte d'un système sémantique particulier, évolué pour servir une culture spécifique dans une géographie spécifique. Dans la nouvelle langue, la connaissance authentique soutenant la survie de l'idiome dans la langue originale simplement n'existe tout pas, de sorte que l'idiome ne peut pas être compris même s'il rime bien. Il se traduit sans se traduire.

La grande malconvenance
L'incongruence sémantique est dukkha et dukkha est partout. Le concept vient du bouddhisme (philosophie) et est fréquemment traduit par « souffrance » (ou, pire, par « peine »), qui est extrêmement inutile pour quiconque ne parle pas le pali (à peu près l'exemple parfait de dukkha, comme vous verrez). Dukkha signifie simplement un « mauvais ajustement » - le décalage entre ce qui est et vos attentes, souhaits ou toute autre chose dont vous vous identifiez. C'est la meilleure définition de la souffrance que j'ai rencontrée, mais je ne l'avais jamais entendue (dans aucune langue) avant de découvrir la philosophie bouddhiste. Il est immédiatement évident ce que dukkha signifie lorsqu'il est défini comme un manque d'ajustement. La même malconvenience se produit entre le monde que nous recontrons et les systèmes sémantiques que nous utilisons pour fonctionner en son sein, y compris pour programmer les uns les autres. La signification est éloignée de l'expérience authentique parce que la signification n'est qu'un substitut, par définition. Plus de « signification » dans la vie, moins d'authenticité, plus de souffrance.
Vous avez peut-être remarqué que les gens cherchent le plus souvent une signification à leur identité. Mais dans de nombreux cas, sinon dans la plupart des cas, les identités ne sont que des signaux de consensus de groupe plutôt que des engagements authentiques à agir. Consensus (peu importe que faux) peut fournir de la validation pour l'imbécile signalisant sans l'authenticité de jouer sa peau. Les individus ont trop souvent plus de pari pour rester en harmonie avec le groupe que pour tester de l'action authentique contre les caprices de l'expérience. Le problème s'aggrave à mesure que le groupe (organisation, société, état, etc.) s'agrandit et que le temps passe (parce que l'uniformité et la répression de la dissidence s'augmentent). Jusqu'à ce que le groupe implose le plus spectaculairement à cause de sa tromperie. Une grande raison de ces événements terminaux est que la signalisation d'identité détourne les individus de l'action et le test authentiques, qui a pour effet d'euthanasier l'innovation et la prise de risques pour le groupe dans son ensemble. C'est pourquoi je ne suis pas végétarien.
Ce qui suit va surprendre beaucoup d'entre vous qui sont familiers avec mon travail et il n'y a aucun moyen d'adoucir le coup, alors je vais y aller directement. Je ne mange pas de viande. Si vous avez lu Jouer son sang, vous savez que j'ai passé une grande partie de mon enfance dans une ferme et que je n'avais pas peur du sang. Mais un jour, j'ai pensé que je ne pouvais pas tuer les animaux que je mangeais parce que je n'en avais pas besoin. On manges ce qu'on tue, alors je ne le fais pas. Il y a beaucoup d'autres raisons desquelles je pourrais parler, mais finalement, il n'y a qu'une seule explication à tout ce que nous faisons: « parce que je peux » . Parce que le contraire ne serait pas authentique pour moi. Aussi simple que ça.
Etre végétarien signifierait être associé à une litanie de sojadiots prétentieux et personnes au règime à la mode. La même chose s'appliquerait bientôt si je joindrais le mouvement carnivore (ou autre). Ces catégories et identités sont des béquilles et des économiseurs pour les faibles par QI et les indécis, pour ceux qui n'ont pas pris la peine de comprendre ce que leur vie est de la seule façon dont nous pouvons - par action risquée. Je n'ai pas besoin de béquille parce que ça ne devient plus simple: je ne mange pas de viande. C'est tout. Je l'ai testé pendant des décennies et il fonctionne - pour moi. Vous faites ce qui fonctionne pour vous, mais n'oubliez pas de prendre des risques soigneusement et de tester à plusieurs reprises, de sorte que vous ne devenez pas des filets de dinde ou ne suivez le troupeau au bord d'une falaise. C'est tout dont JSP est à propos.

Pourquoi vous prenez des décisions avant de les prendre
JSP est profondément important parce que penser n'est pas ce que la plupart pensent qu'il est. Les pensées dont vous prenez conscience sont le produit des processus inconscients dont vous avez peu de contrôle. Vous ne pouvez pas penser à quelque chose avant d'y avoir pensé. Ce que l'on appelle généralement « penser » est principalement rationalisation et traitement, un retour sur ce qui a déjà été ressenti inconsciemment. Il y a beaucoup de preuves neurophysiologiques expérimentales que nous prenons des décisions avant de les prendre, avant que nous en prenions conscience. Comme l'INCERTO, votre microprogramme de prise de décision est tout à propos des heuristiques et des biais, et ce n'est pas par hasard.
Le mème des « heuristiques et biais » est devenu proéminent dans le travail d'Amos Tversky et Danny Kahneman. Dans sa « Pensée: rapide et lente » résumant des décennies d'études et d'expériences, Kahneman a articulé un modèle binaire de cognition composé d'un Système 1 rapide, inconscient et n'exigeant ni « effort » ni « volonté », et un Système 2 qui est lent et exigéant de l'effort, dont les résultats se manifestent dans la « conscience » et qui peut être dirigé vers l'accomplissement de tâches spécifiques. (Non, imbécile, cela ne se réfère pas aux deux hémisphères ni à aucune autre division du cerveau, c'est un modèle de cognition.)
Le Système 1 semble être le système le plus puissant. Si la vraie prise de décision est inconsciente, elle doit résider là par la construction du modèle. Il y a des bonnes raisons de considérer ça très probable. Le Système 1 est presque certainement celui qui a évolué en premier et qui gère nos données sensorielles - notre lien le plus authentique avec le perceptible. Par conséquent, le Système 1 devrait avoir été testé beaucoup plus longtemps et est exposé au monde plus directement. Il est peu logique que la survie remette tout à coup les rênes au Système 2, le plus récent, lent et délirant, qui traite la signification et l'analyse (bien que la technologie puisse ça changer). Comme dit David Hume: « La raison n'est, et ne devrait être, que l'esclave des passions et ne peut prétendre à aucune autre fonction que de leur servir et obéir ».
Le Système 1 gère le « savoir authentique » - ces sont les tripes proverbialles. Le Système 2 traite du « savoir sémantique » - analytique, lente et embrouillée par le reflet déformé de la brume sémantique. Le Système 1 est « irrationnel » en termes de scientistiques économiques et l'authentique dans la perspective de l'INCERTO. Appelez-la Barbella parce qu'elle produit généralement des décisions en forme d'haltère, adaptées à la redondance optimale pour survivre et aux risques asymétriques. L'ardente Barbella est inaccessible pour nous, mais elle est la seule qui illumine le « perceptible » parce qu'elle est celle qui en a survenu le plus authentiquement. Elle est aussi celle qui contrôle vos sorties dans le monde - les mouvements de vos muscles et les « pensées » qui sortent de votre bouche, même si elles apparaissent motivées par la « délibération » dans le Système 2. Cependant, Barbella est mal préparée à gérer la complexité et l'amplification des systèmes sociaux.
La jeune sœur de Barbella, le Système 2, est un système « agrégateur » ou « synthétiseur » mieux orienté vers le consensus et la conformité. Car elle traite la moyenne de la foule et la signification, appelons-la Minnella. Alors que Barbella est orientée vers la survie individuelle « dans la nature », Minnella est efficace pour optimiser le comportement de l'élevage et ainsi augmenter les chances de survie dans le cadre d'un groupe social. Bien que secondaire, Minnella semble capable de dépasser certaines des intuitions de Barbella afin de se conformer aux croyances largement répandues. Ç'a pu être son avantage évolutif et son origine: Minnella a été née dans les images et le langage et ce que vous appelez la conscience, lorsqu'ils ont émergé dans le social. Elle a un bug délicat, qui est en fait une fonctionnalité: la capacité de générer de nouveaux systèmes sémantiques détachés des besoins immédiats de communication (acheter de la nourriture contre une nouvelle branche des mathématiques). Ces systèmes de signification doivent être filtrés par le consensus social et le noyau « émotionnel » de Barbella avant qu'ils ne touchent à l'échec / la survie du monde réel. Minnella est donc quasi-ludique et a désespérément besoin de JSP pour être la plus efficace. Mais elle est celle qui nous permet à comprendre ou en moins à gérer la complexité plus efficacement.
C'est là que résident les problèmes de manque de JSP dans la société. Les pensées d'ordure produites par Minnella peuvent rester « coincées » dans le bassin de mèmes pendant très longtemps si l'on se fie à la sélection naturelle parce que le désherbage individuel de survie peut être annulé par consensus. Où l'évolution échoue générallement, on doit jouer sa peau individuellement. La compréhension intuitive de NNT de la psychologie personnelle est sinistre. Minnella introduit un bug au niveau du groupe / de l'évolution que NNT corrige en appliquant le mécanisme de JSP au niveau de l'individu. Mais l'étrangeté n'a même pas encore commencé parce que les principes de l'INCERTO sont tout autour de vous. Tout au long jusqu'au fond de la caverne crasseuse de Platon.

Le feu de Platon
Le feu dans la caverne de Platon représente le Système 1 (nos sens et nos intuitions), que nous ne pouvons pas voir, mais il est le seul qui illumine le monde perceptible. Les ombres visibles aux prisonniers représentent la signification, la pensée et la conscience (Système 2). Le feu de Barbella est la force motrice de la cognition parce que sans lui il n'y aurait pas d'ombres. Les figures sautillantes sont la bande étroite du perceptible qui est accessible à nos sens: les données sensorielles. Nous ne pouvons pas observer directement le fonctionnement de notre neurophysiologie, donc le feu est caché derrière un mur, comme sont les processus sensoriels générant le défilé grotesque des figures. Les chaînes des prisonniers représentent le rationalisme, le scientisme et d'autres formes d'ignorance, qui nient la tromperie du Système 2 et l'authenticité du Système 1. Tout cela est confiné dans une caverne représentant des limites extrêmes que notre biologie impose à notre capacité de « voir » ce qui est « réel ». L'évasion et le retour signifient la possibilité de transcender nos frontières corporelles par la connaissance authentique, qui apparaîtrait aux non-éclairés comme folie et irrationalité.
Voici les mots qui se sont écrites quand, grâce à l'INCERTO, j'ai découvert pour la première fois les intuitions de Platon il y a quelques semaines:
C'EST TELLEMENT ÉVIDENT TU IDIOT FOUTU.
Bien sûr, cette interprétation de la caverne de Platon pourrait être juste un autre délire analytique. Il a dû être testé à plusieurs reprises. Plus j'essayais de l'ébranler, plus j'étais choqué par ma propre ignorance et le niveau de dérangement dans les interprétations académiques de la vie et de l'œuvre de Platon.

Certains analydiotie représentative concernant Platon est évidente dans le passage suivant de la page Wikipedia sur Heraclitus (une influence majeure):
Platon plaide contre Héraclite comme suit:
« Comment peut-elle être une chose réelle qui n'est jamais dans le même état? [...] car au moment où l'observateur approche, alors elles deviennent autres [...] afin que tu ne puisses pas aller plus loin dans la connaissance de leur nature ou état [...] mais si ce qui sait et ce qui est connu existe du tout [...] alors je ne pense pas qu'ils puissent ressembler à un processus ou à un flux. »
Dans Platon, une unité ressentie est un état, ou un objet existant, qui peut être observé. Le paramètre du temps est défini par « toujours »; c'est-à-dire que l'état doit être présumé présent entre les observations. Le changement doit être déduit en comparant les observations et est donc présumé une fonction qui arrive aux objets déjà en existence, plutôt que quelque chose ontologiquement d'essentiel pour eux (tel que quelque chose qui ne change pas ne peut pas exister) comme dans Héraclite. Dans Platon, peu importe le nombre de ces unités ressenties que vous êtes en mesure de rassembler, vous ne pouvez pas passer à travers la fossé mystérieux entre eux pour expliquer le changement qui doit s'y produire. Cette limitation est considérée comme une limitation fondamentale de la réalité par Platon et sous-tend en partie sa différenciation entre l'expérience imparfaite et des formes plus parfaites. Le fait que ce n'est pas une limitation pour Héraclite motive la condamnation de Platon.
Cette « analyse » est infectée par des délires sémantiques et hors contexte car plus tôt dans le dialogue Socrate identifie le problème des systèmes sémantiques:
Comment les réalités sont à être apprises ou découvertes est peut-être une trop grande question pour vous ou moi de déterminer; mais il vaut la peine d'arriver à cette conclusion même-elle, qu'ils doivent être apprises et recherchées, non pas par des noms, mais beaucoup mieux par eux-mêmes que par des noms.
Socrate affirme seulement que les systèmes sémantiques (noms, signification) ne peuvent pas être invoqués pour parvenir à une véritable connaissance de la nature de la réalité (une position également suggérée dans la République et dans les enseignements non écrits de Platon comme rapportés par Aristote). Le dialogue lui-même conclut de manière non concluante:
Mais s'il y a toujours ce qui sait et ce qui est connu - si le beau, le bien et toutes les autres vérités existent - je ne vois pas comment il y a une ressemblance entre ces conditions dont je parle maintenant et flux ou mouvement. Maintenant, ç'est une autre question que ce soit la nature des choses ou que la doctrine d'Héraclite et de beaucoup d'autres soit vraie, mais sûrement aucun homme de sens ne peut se mettre lui-même et sa psyché sous le contrôle des noms, et créer des noms et leurs créateurs au point d'affirmer qu'il sait quelque chose... Par conséquent, tu dois considérer avec courage et à fond, et ne rien accepter avec négligence - car tu es encore jeune et dans ta prime; puis, si après enquête tu trouves la vérité, communique lui à moi.
Pour le non-idiot, il est évident que Platon ne critique pas l'opinion d'Héraclite selon laquelle le monde perceptible est en mouvement, et encore moins le condamne (l'acceptation par Platon de l'impermanence du perceptible est attestée ailleurs dans ses écrits). Au contraire, il construit dessus pour la transcender. « Si tout est en mouvement (tel qu'il semble être), alors tout savoir ou connaisseur complet doit exister en dehors de ce qui est perceptible ou analysable. » C'est la façon indirecte de Platon de suggérer que seulement quelques principes fondamentaux ou « lois » de la réalité en dehors de ce qui peut être directement observé peut être permis « permanence ». Platon utilise le discours pour suggérer que l'état et l'objet n'existent pas en dehors de la perception et de l'illusion erronées - le contraire de ce que les Analydiots hallucinent - et parfaitement cohérent avec Héraclite. L'intuition de Platon est l'archétype du Problème-Dinde de NNT - la connaissance inductive ne doit jamais être considérée comme permanente ou complète. Ceci n'est que l'un des nombreux exemples de mauvaise interprétation des idées et de la pratique de Platon.
|
Plato académique |
Plato authentique |
| philosophie |
idéalisme ou réalisme académique, statique |
réalisme avec de la mise à jour sauvage parce que le « réel » est inaccessible |
| mèthode de raisonnement |
discourse/débat, « réflexion » (déductive) |
+ de l'observation de l'esprit et des sens, analyse des « données », test dans l'expérience et discours (+ inductive) |
| mèthode d'enseignement |
lektchur/discourse/débat |
+ Zen koan, méditation, confusion, déclenchement |
| le bein (éthique) |
métaphysique |
doxastique, basé sur ce qui fonctionne dans l'intuition expérimentée, post-analytique |
| dialogues |
représentent et exposent la philosophie de Platon |
des outils pédagogiques incorporant les idées de Socrate et d'autres pour provoquer et faire avancer la « vraie compréhension » par indirection |
| caverne |
cerveau dans une cuve |
modèle de perception, illusion et connaissance authentique |
| ψυχή |
âme (souvent essentialiste / dualiste) |
cognition ou « force de vie » |
| ἰδέα |
forme (comme dans « forme » visible) |
principe, « loi naturelle », « courbure de la réalité », « forme » comme dans la théorie des cordes |
| ἀγαθοῦ |
le bien, le noble |
ce qui fonctionne, est authentique à la survie / « vraie » connaissance ou se rapporte à « action grande / héroïque » |
| ἀγαθοῦ ἰδέα |
« forme du bien » |
« principe » de la réalité inaccessible sous-jacente des connaissances doxastiques (authentiques) |
Dans la République, Platon fournit le raccourci parfait pour savoir comment fonctionne l'acquisition de connaissances authentiques. Au niveau le plus bas, il y a εικασία (conjecture) basée sur l'expérience sensorielle primaire, suivie par πῐ́στῐς (confiance, « persuasion »), qui ajoute un aspect fonctionnel à l'image sensorielle (« chèvre » v. « comment élever et traire une chèvre »). Puis vient διάνοια – nos méthodes et systèmes de raisonnement scientifiques (non scientistes!). C'est là que les informations de plus bas niveau sont traitées pour produire et tester des généralisations. Mais il y a un niveau au-delà de cela, qui est le niveau de connaissance le plus élevé et le plus difficile - νόησις, connaissance authentique ou vraie compréhension, de l'instinct, de l'intuition (informée et testée). Pour Platon, νόησις est sans hypothèse et sans pensée (au-delà de la sémantique), mais doit être atteint en gravissant les autres niveaux de connaissance, comme attesté dans sa pratique comme professeur. Le parallèle avec l'épistémologie Talebicque est choquant.
| Platonistan |
Talebistan |
Interprétation |
Exemple |
Contraire |
| εικασία (conjecture) |
observation |
conjecture, représentation d'objet |
entrée sensorielle, données |
hallucination (anti-survie) |
| πῐ́στῐς (conviction) |
« croyance » pistique |
connaissance fonctionnelle ou expérientielle, « confiance », le « comment » |
artisanat, pratique |
incompétence, inexpérience |
| διάνοια (réflexion) |
« croyance » épistémique |
modèle, hypothèse, « raisonnement » , le « pourquoi » |
mathématiques, sciences |
délire, connerie |
| νόησις (compré-hension) |
« croyance » doxastique |
connaissance authentique, compréhension, « l'avoir » , « voir » |
« foie gras », parce que infaux, « instinct » , intuition appliquée |
ignorance (alimentée par illusion et incompétence) |
La métaphysique de Platon peut être divisée en trois « domaines » : le conscient (les ombres), l'inconscient (le feu et les figures) et le réel (qui est inaccessible à nos sens et à notre sémantique). Les φαινόμενα (apparences) perceptibles sont simplement des projections de εἶδοι (formes) « réelles ». La « forme » la plus haute et la plus noble, qu'il appelle ἀγαθοῦ ἰδέα, est simplement ce principe ou « loi naturelle » dans la réalité inaccessible qui sous-tend / rend possible la connaissance doxastique dans le monde perceptible. L'étymologie de ἀγαθοῦ pointe vers le sens « d'une action grande / héroïque », non pas la sagesse reçue ou le dogme, encore moins « penser ». Ainsi, ἀγαθοῦ ἰδέα peut être interprété comme un « principe de réalité sous-jacent à une action grande / héroïque ». À l'extrême, JSP prend la forme d'une action héroïque testant ses convictions - l'épitomé de la pratique doxastique. C'est précisément la signification que δόξα avait acquise quelques milliers d'années après le temps de Platon dans le néo-platonisme et le christianisme oriental. « Orthodoxie » signifie simplement « croyance juste » ou « foi juste » : celle qui est forgée dans la bonne action.
Pour Platon et ses contemporains, la noblesse (« la vertu ») était une question de test par action, non pas une certaine accolade conférée. Sans peau et sang dans le jeu, il n'y avait pas de « bien » car induction. En outre, Platon considérait toutes les autres formes (et les catégories éthiques correspondantes - beauté, justice, etc.) subordonnées au ἀγαθοῦ ἰδέα. Dans le monde perceptible, ça signifierait que toute l'éthique est fondée sur la connaissance doxastique et, finalement, jouer sa peau. Encore une fois, sa perspicacité est choquante. Parce que de nos jours, nous constatons que tout sens inné de la beauté, de la justice, de l'équité, etc. provient de millions d'années d'évolution par la survie (bien que ça n'est pas à jouer sa peau individuelle mais fonctionne au niveau des générations). Ceci n'est que la projection parfaite des « formes » moindres de Platon du monde réel vers le monde perceptible, dûment subordonnées à l'épreuve de survie de l'évolution.
Une grande partie de ce que vous avez lu ici, Timée de Platon explique ainsi dans le dialogue éponyme, en utilisant l'indirection habituelle de Platon:
nous pouvons supposer que les mots s'apparentent à la matière qu'ils décrivent; quand ils se rapportent au durable et permanent et intelligible, ils doivent être durables et inaltérables, et, autant que leur nature le permet, irréfutable et immuable - rien de moins. Mais quand ils n'expriment que la copie ou la ressemblance et non les choses éternelles elles-mêmes, elles n'ont besoin que d'être vraisemblables et analogues aux vrais mots. Comme être est de devenir, ainsi est la vérité à la croyance. Si donc, Socrate, au milieu des nombreuses opinions sur les dieux et la génération de l'univers, nous ne sommes pas capables de donner des notions qui sont tout à fait et à tous égards exactes et cohérentes les unes avec les autres, ne sois pas surpris. Assez, si nous ajoutons des probabilités aussi probables que aucunes d'autres; car nous devons nous rappeler que moi qui suis l'orateur, et vous qui êtes les juges, ne sont que des hommes mortels, et nous devons accepter l'histoire qui est probable et ne pas nous enquérir davantage.
Les similitudes avec NNT ne s'arrêtent pas ici, car Platon semble également avoir été actif sur Twitter: « Celui qui a la connaissance du juste et du bien et du beau [...] ne l'écrira pas, quand il sera sérieux, à l'encre, en les semant par un stylo avec des mots, qui ne peuvent pas se défendre par des arguments et ne peuvent pas enseigner la vérité de manière efficace. Les jardins de lettres, il semble, on va planter pour le plaisir, et écrira, quand il écrit, pour chérir les rappels pour lui-même quand il vient à l'oubli de la vieillesse, et pour d'autres qui suivent le même chemin, et il sera heureux quand il les voit mettre en avant des feuilles tendres. » Ces mots de Socrate dans « Phaedrus » révèlent non seulement la vision de Platon de la faiblesse des mots, mais sont aussi une clé pour comprendre ses dialogues et sa méthode d'enseignement - indirection et provocation plutôt que la lekture.
Platon en dit autant dans sa septième lettre: « concernant tous ces écrivains [...] qui prétendent connaître les sujets que j'étudie sérieusement [...] il est impossible, à mon avis du moins, que ces hommes comprennent quelque chose à ce sujet. Il n'existe pas, et il n'y en aura jamais, de traité de la mienne s'en occupant. Car il n'admet pas du tout l'expression verbale comme les autres études, mais, par suite de l'application continue au sujet même et de la communion avec lui, il est soudainement engendré dans la psyché, comme une lumière qui est allumée par un étincelle bondissante. » S'ils ne le savent pas, on ne peut pas leur en dire.

L'Authentik
Au lycée, on ne pouvait pas me le dire non plus parce que je ne le savais pas. J'ai échoué à comprendre Platon pour des raisons qui se manifestent toutes dans l'INCERTO. Je n'avais pas l'intelligence et la curiosité de prendre des risques. Je n'avais pas la connaissance et l'expérience - de l'instinct - de la psychologie individuelle, des langues et de la méthode scientifique (pas scientiste!). Je n'avais pas la peau dans le jeu et je n'avais pas besoin d'en mettre parce que je pouvais obtenir une bonne note en faissant de connerie pour avancer - et je l'ai fait. Pendant ce temps, j'étais obsédé par des efforts inutiles comme essayer de trouver un sens de la vie. Je rendais ma vie fausse au lieu de poursuivre de la valeur authentique. Parce que je ne savais pas ce que c'était.
Si la vie est à devenir, l'authenticité est à surmonter. Et c'est le message plus personnel de « JSP ». Sauf si vous prenez des risques, vous n'êtes rien. Cette identité ethnique, religieuse, professionnelle, politique ou autre que vous portez dans votre poche compte pour de la merde si vous n'agissez pas de manière authentique. Le épreuve par une action risquée est notre seule méthode pour atteindre pour la réalité; l'échec est le signal le plus fort que nous puissions en tirer. L'action précède la croyance, la connaissance, la science et toute autre illusion que vous pourriez nourrir. La croyance peut être stable et souvent toxique. L'action est spastique, mais authentique. La perquisition du signification elle-même rend votre vie moins authentique et plus éloignée de la « réalité ». Plus vous avancerez dans la prise de risque sur vos instincts authentiques, plus vite vous oublierez toute contrainte à chercher une « signification » parce que vos actions véritables transcenderont la brume sémantique.
Pensez à l'action comme ça qui nous amène à devenir conscients des choses, à prendre conscience de leur existence latente. Les choses ne « arrivent » pas; ils deviennent manifestes. Vous devenez manifeste en prenant des risques, en prenant les coups de l'échec et en prenant ensuite plus de risques. C'est le chemin de l'Authentik. L'INCERTO de Maître Taleb est un manuel personnel sur la façon de le marcher sans nécessairement se gonfler, donc obtenez Jouer sa peau maintenant et lisez-le dans une pulpe. Lisez lentement, en l'ayant. Avant de continuer, reliez les idées, les anecdotes et les principes aux événements spécifiques de votre vie. Pensez à la façon dont vous pourriez avoir évité les échecs et les désagréments passés en les appliquant. Voyez si vous pouvez prouver le trou du cul monumental faux. Apprenez à repérer les lâches et les vendeurs de connerie et les retirer de votre vie. Rendez toutes les idées pertinentes à votre expérience et testez-les par rapport à lui. Réchauffez vos mains sur le feu de Platon. Vous verrez votre vie s'améliorer en quelques heures. Il y aura de la lumière.
Je ne vous demande pas de croire ça parce que si j'ai raison, j'ai certainement tort. Je ne vais pas vous dire comment vivre votre vie pour la simple raison que je ne peux pas. Personne mais vous-même ne pouvez le dire. Vous seul pouvez avoir les connaissances authentiques pour décider quoi faire d'un moment à l'autre.
Les avez-vous?
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